Gabon : le sénat livre à la justice un sénateur soupçonné de crime de sang

(Xinhuanet 26/12/2012)

LIBREVILLE – Le sénat gabonais a levé lundi soir l’immunité parlementaire d’un sénateur soupçonné de crime de sang, autorisant ainsi à la justice de pouvoir le juger, a annoncé la présidente du sénat Rose Francine Rogombé.

« Nous avons pris cette décision pour permettre à notre collègue d’être entendu devant la barre et de laver son honneur s’il est innocent », a indiqué Mme Rogombé dans une conférence de presse après le vote intervenu tard dans la soirée de lundi à mardi.

Gabriel Eyeghe Ekomie est sénateur de Kango à plus de 100 km de Libreville. Un détenu jugé en mai dernier l’a cité dans le cruel assassinat de Beverly Bilemba Mouanguela, écolière de 12 ans le 28 février 2009 à des fins fétichistes.

Interpellé puis incarcéré à la prison centrale de Libreville, Aristide Pambou Moussounda, a affirmé devant la barre qu’il a agit sur les ordres du sénateur qui lui a promis une récompense de 20 millions de FCFA s’il lui apportait les organes génitaux d’une jeune fille.

La pratique des crimes rituels est très courante au Gabon. Elle permet, selon ses adeptes, d’accéder ou de conserver le pouvoir à travers des amulettes faites à base d’organes génitaux, des yeux, de la langue ou de la main prélevée sur une personne vivante.

Le phénomène est plus fréquent à la veille des élections ou des remaniements ministériels. Le sujet a longtemps été considéré comme tabou et les présumés auteurs des crimes rituels laissés en totale liberté.

Un film documentaire, en février 2012, sur le sujet, de la chaine de télévision française « Canal + » a changé la donne. Ali Bongo Ondimba, le chef de l’Etat gabonais, piqué au vif après avoir vu les cruautés du film, a ordonné à la justice l’ouverture d’une session criminelle. C’est au cours de cette session qu’Aristide Pambou Moussounda a plaidé coupable en citant le sénateur Eyeghe Ekomié comme commanditaire.

La levée de son immunité parlementaire permettra à la justice de l’interpeller et le juger. Aucun autre haut dirigeant gabonais n’a été jugé dans le cadre d’une telle procédure.

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